DICTIONNAIRE DANS L–ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS SUR OBJECTIF UNIVERSITAIRE
Abstract
Cette communication se propose de présenter l–état des lieux sur les marchés serbe et français y compris le marché virtuel sur Internet des dictionnaires et encyclopédies, disponibles et susceptibles d–être utilisé dans l–enseignement / apprentissage du FOU et du FOS à la Faculté de Philosophie de Belgrade, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales. Il est connu que lors de l–enseignement / apprentissage du FOU et du FOS l–acquisition du lexique général et du vocabulaire de spécialité joue un rôle primordial. On sait également qu–un bon dictionnaire d–apprentissage, ainsi que des dictionnaires de spécialité dans les différents domaines faciliteraient certainement cette acquisition lexicale. Comme notre groupe d–apprenants est disciplinairement très hétérogène, étant composé d–étudiants des dix départements : philosophie, sociologie, psychologie, sciences de l–éducation, histoire, histoire de l–art, ethnologie et anthropologie, archéologie et langues classiques, il n–est pas facile de déterminer l–ampleur du lexique général concernant l–enseignement universitaire et la part appartenant aux vocabulaires spécialisés des domaines particuliers qu–il faudrait faire acquérir aux étudiants. Donc, c–est à l–enseignant de le faire et de proposer aux étudiants les outils d–enseignement convenables, y compris des dictionnaires adéquats. Pour recommander aux étudiants un dictionnaire servant d–outil d–enseignement, il faudrait d–abord connaître le profil de l–utilisateur du dictionnaire, ses besoins et ses habitudes lexicographiques. Notre utilisateur moyen est l–étudiant en 2ème année d–études universitaires dont les compétences langagières en FLE sont au niveau B1 et les compétences en langue maternelle souvent insuffisamment développées en ce qui concerne la compréhension du contenu de certaines notions. N'étant qu'en deuxième année d–études ses compétences professionnelles ne peuvent pas non plus être suffisamment développées. Et finalement, sa compétence lexicographique est relativement peu développée faute d–habitudes lexicographiques bien ancrées, ce qui résulte de notre enquête. Il en provient également que les besoins lexicographiques de nos étudiants sont multiples. Ils devraient consulter des dictionnaires de langue générale bilingues français-serbe et serbe-français, des monolingues français et serbes, ainsi que des dictionnaires encyclopédiques, de spécialité et terminologiques en deux langues. Les résultats de l–enquête sur les habitudes lexicographiques des apprenants réalisée auprès de 96 étudiants, dont 23 apprennent le français, 15 l–allemand et 58 l–anglais ont démontré que le plus grand pourcentage d–étudiants utilisent pour comprendre ou produire un texte en langue étrangère les dictionnaires bilingues de langue générale et surtout leurs versions électroniques gratuitement disponibles en ligne. Les dictionnaires français-serbe et serbe-français « sur papier » les plus consultés sont en général des dictionnaires les moins chers. Ce qui est significatif et inquiétant c–est que les étudiants consultent indifféremment les dictionnaires classiques et électroniques, sans prendre conscience de l–importance de leur qualité lexicographique. Malgré de nombreux dictionnaires français de langue générale et de spécialité de qualité disponibles dans la bibliothèque de la faculté et dont les listes sont jointes en annexes, on a constaté qu–un nombre presque insignifiant d–étudiants les consultent. Deux raisons d–une telle pratique sont possibles. D–une part, le manque d–habitudes lexicographiques chez les étudiants et d–autre part, le fait que ces dictionnaires ne soient peut-être pas des outils adéquats, susceptibles de répondre à leurs besoins. En effet, les dictionnaires généraux monolingues ne s–occupent pas du FOU ou du FOS, alors que les dictionnaires spécialisés ne sont pas des dictionnaires de langue, mais des dictionnaires encyclopédiques, et ils sont encore moins des dictionnaires d–apprentissage. Tous ces dictionnaires s–adressent à un public de locuteurs natifs et ne tiennent pas compte des besoins, des difficultés et des habitudes lexicographiques d–un public non francophone. C–est pourquoi leur efficacité en tant qu–outils d–apprentissage reste modeste. Il faut souligner que les dictionnaires bilingues de spécialité français-serbe dans les domaines des sciences humaines et sociales étudiées à la Faculté de philosophie tout simplement n–existent pas. Pour conclure, nous dirions qu–un dictionnaire adéquat et pertinent qui répondrait aux besoins de nos étudiants serait un dictionnaire d–apprentissage « semi-bilingue », c'est-à -dire un dictionnaire hybride qui contiendrait des éléments du monolingue et du bilingue. Il serait préférable qu–il soit électronique ayant en vue que les nouvelles générations d–apprenants consultent de préférence des sources électroniques, ce qui contribuerait, nous l–espérons bien, au développement de leurs habitudes et compétences lexicographiques et à une acquisition plus efficace du lexique français générale et de spécialité.




